Tu ne me dois rien

20 juillet.

Soirée « filles » avec S. Un peu fumé, et surtout beaucoup bu et ri, vautrées l’une contre l’autre sur le canapé. La douceur de sa peau ne cesse de m’étonner.

Ici, la pièce est fraîche, ombre et lumière douces de début de soirée.

Amorce de détente : nous sommes allongées côte à côte sur le canapé, à préparer le programme de la soirée sur ton Iphone. Le mobile est petit, j’ai posé ma tête sur ton épaule pour en regarder l’écran avec toi. Ma joue est en contact avec ta peau, je sens ton corps au diapason du mien.

Ce moment fait partie de ceux que je préfère vivre avec toi, lorsque les mots cèdent la place au langage du corps, du ressenti, de la mise en résonance physique. C’est comme si on avait mis en veille une tension : tout a disparu. Rien n’a plus d’importance, hormis cet ici et maintenant qui se suffit à lui-même.

Au contact de ton corps, mes pensées volent et se dénouent, et je réalise sans avoir besoin d’y réfléchir un seul instant combien ce que tu es me suffit pour t’aimer. C’est une acceptation pleine et entière, complètement instinctive, un moment pendant lequel l’amour que je te porte se libère de toute dette ou  conflit.

A travers toi, comme le dit si joliment André Comte-Sponville, l’amour échappe aussi quelques instants à ce qu’il porte intrinsèquement en lui : le manque, l’incomplétude, la solitude, l’errance, nous vouant pour cela au malheur ou à la religion.

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6 Commentaires

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6 réponses à “Tu ne me dois rien

  1. C’était loin d’être un con ce Comte-Sponville !

    Je ne retrouve pas la citation, peux-tu m’aider ?

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  2.  » combien ce que tu es me suffit pour t’aimer. ». Cela suffit si rarement, c’est vrai.

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    • Quel sentiment étrange de penser que tu me lis à rebours ^^ L’écart entre ce premier texte et les tout derniers me semble immense, et je réalise combien ce que j’écris aujourd’hui doit aux conversations que ce blog a initiées 🙂 Sois-en remercié, infiniment.

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  3. C’est à lire ces mots ci de ces temps là aussi que je suis allé au premier publié ainsi.
    Là c’est un avant goût qui vaut bien tant d’après.

    Aimé par 1 personne

    • Parfois, il m’arrive de revenir à ces premiers écrits, moi aussi. Ce mot d’avant-goût me parle ; j’ai remâché différemment bien des choses depuis, mais dans le fond, ce que j’avais à dire était déjà posé, d’une certaine manière. Parfois je me demande si l’écriture n’est pas une itération qui boucle sans fin sur elle-même 🙂

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