« J’y suis moi-même »

Tu es là, comme chaque semaine depuis que tu as commencé à me dicter ton prochain roman. « Trop vieux pour apprendre à taper sur l’ordinateur », as-tu déclaré.
Mains sur le clavier, j’attends. J’espère.
Au commencement était le Verbe, l’affirmation prend avec toi tout son sens païen. Tes mots ont le pouvoir de nommer le Réel au plus juste, cela tient pour moi du miraculeux.
Mais aujourd’hui, l’Epiphanie tarde.
Intuitant une possible issue, je te propose alors de relire un récent passage.
Evacuant ma pudeur, j’y injecte au mieux l’émotion portée par tes lignes, et soudain, te voilà extirpé par la force des mots de ta zone de turbulences, projeté au cœur de ce qui échappe à toute contingence : l’essence de ton humanité.
Quand je me tais, tu as griffonné les lignes qui te manquaient et posé tes lunettes. Je réalise alors que tu pleures en silence, d’émotion. C’est un moment d’abandon magnifique, secondes d’unisson furtive que j’emporte avec moi pour une éternité de gratitude et de fraternité.

Publicités

2 Commentaires

Classé dans Uncategorized

2 réponses à “« J’y suis moi-même »

  1. Etrangement beau cet échange dans l’écriture !
    Caty

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s