« Tu as réparé ce que tu as cassé ? »

Il y a peu, j’ai laissé fuir sur mon blog ces quelques mots : « j’ai envie qu’on me parle ». A l’issue d’une année d’écroulements, quelque chose en moi n’arrivait plus à se formuler.

Dans les minutes qui ont suivi, portées par une lecture et écoute infiniment attentives,  sont venues se déposer délicatement des paroles de réconfort, au creux du vide numérique que l’on dit pourtant si prégnant des réseaux.

Commentaire après commentaire,  un dialogue soucieux de réconforter, d’encourager, de consoler, a émergé. Vibrations proches ou lointaines, s’orchestrant peu à peu sous forme d’une parole à l’unisson de ce mutisme intérieur trop lourd à porter, dont j’ai pensé qu’il devenait soudainement habité.

Sound of silence. Le son du silence, voire « a sound silence », c’est à dire dense, solide, plein. Curieusement semblable à celui parfois partagé dans le confort des amitiés de longue date, quand se suffit à lui-même le plaisir d’être ensemble, sans nulle conversation nécessaire pour en matérialiser la plénitude.

« Tu as des lecteurs hors pair ! » me disais-tu souvent, et moi d’y ajouter le bonheur de compter au nombre de mes pairs cette communauté de songes, de rêves, de fatigues, dans laquelle palpite obstinément le substrat fertile d’une humanité fraternelle et soudée.

Non, tous les poètes n’ont pas disparu. Je les ai trouvés.

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10 Commentaires

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10 réponses à “« Tu as réparé ce que tu as cassé ? »

  1. 13 heureuse de ce lien rémanent. Longue vie à lui, à vos textes, à toutes et tous qui empruntez ici ce chemin de traverse. Merci Esther 🙂

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  2. helenemapo

    La lecture de « J’ai envie qu’on me parle » m’a laissée sans voix, triste, vidée, décontenancée.
    Incapable de répondre à ta requête et de te parler.
    Quels mots offrir ?
    Et puis un de mes amis est mort. Autre vide, définitif celui-là.
    Alors j’ai pensé que tu avais la vie et que c’est elle qui allait te rattraper. Qu’après le chemin de crête, malgré les fêlures, le rire et la joie feraient leur retour.
    For sure

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  3. C’est aussi ce que je ressens, ces partages qui sont parfois si vrais avec des personnes jamais rencontrées… ce « substrat »… Quelle belle image…

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  4. maryllraizer

    Toujours très contente d’avoir croisée d’un clic ce journal, pas tant sous la surface… et encore plein de petites étoiles à venir, j’en suis sure…

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  5. Tous les poètes ont leurs saisons. Mais il ne faut pas négliger les plages d’inspirations qui se présentent inopinément. Il faut alors tout laisser et saisir le moment ou l’ange qui passe.
    A bientôt

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    • Bien sûr, Fransi, mais en l’occurrence, il ne s’agissait pas d’une panne d’inspiration… qui – à ma grande surprise- ne m’a pas encore fait défaut depuis les débuts de ce blog ^^ Ce billet portait plus sur l’impossibilité de trouver à qui parler (au sens de parler du fond, ou du moins de ne pas être dans le bavardage social) dans la vraie vie. Merci d’avoir déposé ce délicat encouragement ici, je vous ajoute au cercle des poètes qui n’ont pas (tous) disparu 🙂

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  6. Merci. Je suis touché. Je reviens bientôt.

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